Kaalookland

Mes lectures, mes histoires, votre avis.

le 15-02-2009 18:05

Quelque part sur une autre planète bleue ...

photo1285972 Quelque part sur une autre planète bleue

Il y a très longtemps, j'ai pris la plume à une heure avancée de la nuit et dans un état second, j'ai imaginé cette histoire délirante. Quand je la relis, je me demande où je suis allé chercher tout ça ... certainement très loin ! Je vous préviens, c'est du grand n'importe quoi ! Lisez la et vous me direz ce que vous en pensez.

C’est l'histoire de Schmu, le dernier volvodul de sa race des métavénuriens de la planète Glandu 28 ou comme on l'appelle chez eux, Kinopokyasamupinpon ou plus simplement Pinpon.
Schmu est un métavénurien comme les autres, pourtant son "destin" et sa chance vont le faire le dernier de sa race. Mais est ce vraiment de la chance que d'être seul au monde ?
  

Pour le moment, Schmu ne se pose pas ces questions, il mène son train de vie habituel, quinze jours avant le grand jour de son existence. Schmu est radioverisoleur de catapulteurs troniques ou plus simplement il travaille  comme nettoyeur des toilettes au 256ème sous sol de la mine de salunium de la cité état de Porcutortulis. La planète Pinpon en fait, est divisée en cités états depuis la trente cinquième dynastie, soit depuis l'an 3205 après « le Grand Plof », ces cités états se livrant de meurtrières batailles pour avoir les ressources de « pq », primium quantitanum , termes désignant le minerai Salunium. Ce Salunium est vital, les métavénuriens en ont absolument besoin pour survivre, car il constitue leur unique denrée comestible sur cette belle planète bleue recouverte entièrement par une substance liquide comparable à notre eau ou plutôt à du perrier. En effet le noyau de cette planète laisse sans cesse fuir du gaz.

Donc, Schmu récure les toilettes à longueur de journée, et il est bien content d'avoir trouver ce job, car les deux tiers des habitants de ce monde travaillent ou sont forcés de travailler comme esclave dans les mines pour une bouchée de Salunium déminéralisé, c'est-à-dire pour pas grand-chose. Ces mines sont telles de gigantesques fourmilières creusées dans les récifs sous marins. Il n’y a pas de terre immergée et les récifs les plus proches de la surface de l'eau ne se trouvent pas à moins de  deux mille mètres de profondeur. Ainsi en ce monde, tout se passe sous les eaux, les villes sont des cités amphibies et cela depuis le Grand Plof, date à laquelle les métavénuriens furent obligés de vivre sous l'eau. Toutefois les moyens de transport sont aériens et se présentent sous forme de torpilles où prennent place les voyageurs, ces torpilles sont monoplaces et sont envoyées par un propulseur subaquatique au-delà de la surface de l’eau dans les airs, à des vitesses inimaginables, et sont réceptionnées par  des tuyaux sous marins. Le voyage s’écoule si rapidement que les passagers non pas le temps de compter les minutes.

Les métavénuriens ont une technologie très avancée malgré tout, leur système politique n'est pas au point, car les habitants de Pinpon se déchirent entre eux. Depuis le Grand Plof, les guerres n’ont pas cessé, il y a toujours deux cités états pour se battre pour un filon de pq. Aux dernières nouvelles, a été découvert une mine de Salunium si prodigieuse qu’elle pourrait permettre à tous les habitants de se nourrir sans privation. La cité état d’Humex, l’une des plus pacifiques cités durant ces dernières années et propriétaire de la mine,  a déjà fait construire des bâtiments sur le récif, capables de contenir d’après leurs estimations, toute la population de la planète. Pinpon n’est pas aussi peuplé que la Terre en comparaison, les guerres y étant pour beaucoup. Cette découverte fut inattendue et inespéré pour les métavénuriens. Depuis des millénaires, ils attendaient une telle annonce, c’était comme leur ouvrir la porte du paradis et mettre une fin à l’enfer de leur vie de labeurs. Une nouvelle ère s’ouvrait devant eux, pleine de promesses, d’aisance, de liberté et de joie. Cela annonçait la fin des guerres  et peut être serait ce à l’origine d’une réconciliation entre les cités et à l’origine de l’unification des peuples. C’est ce que pensait tout un chacun et cette nouvelle, cet espoir  se répandit très rapidement sous la surface de l'eau de Pinpon.

 Si bien et si vite que les gens s'empressèrent de partir de chez eux dans la précipitation la plus totale. Ils ne firent pas attention lors de l’annonce que l'inauguration du site aurait lieu dans plusieurs années.  Il était déjà trop tard, pour  arrêter les métavénuriens arrivant de tous les horizons. Cette folie spontanée provoqua beaucoup d’accidents. Il y eut beaucoup d'incidents de torpilles, car les tuyaux n'étaient pas assez nombreux pour réceptionner toutes les torpilles en même temps, le système étant totalement saturé et le personnel responsable des réceptions de torpilles complètement débordé. Plusieurs tuyaux furent obstrués de cette manière et beaucoup de métavénuriens y laissèrent la vie. De plus, la réservation d’une torpille était onéreuse, seulement les riches tels que les aristocrates ou les scientifiques purent se payer ce moyen de locomotion. Les plus pauvres, dans l'euphorie, oublièrent leur peur des abysses qui abritent tant de dangers.

En effet, l'évolution a fait que les métavénuriens au cours des décennies, se sont adaptés à l'eau. Du moins cela est surtout vrai pour ceux qui travaillent dans les mines, qui sont plus exposés que les autres à l’eau. N’utilisant pas de machines pour extraire le minerai, les mineurs sont en apnée tout le long de l’opération. Les mineurs plus que les autres, ont donc des branchies qui leur permettent une apnée plus longue et des protubérances qui leur permettent de nager comme des poissons alors que les scientifiques  ainsi que les aristocrates ne possèdent pas de branchies. Ils nagent rapidement ; néanmoins beaucoup plus lentement que les grands prédateurs qui habitent les fonds marins.

Et ce fut bien là le problème, les métavénuriens se jetèrent en masse dans l'eau, offrant un véritable festin à ces prédateurs  qui ressemblent à nos requins en plus impressionnant. Ce fut le plus gros carnage qu'ait connu la nouvelle ère après le Grand Plof, des millions de métavénuriens perdirent leurs âmes (le coeur n'existe pas chez ces êtres vivants). De plus l'activité sismique du noyau de la planète était intense à ce moment là et de grandes échappées de gaz mortel sortirent augmentant le nombre des victimes.

Quand à notre ami, Schmu, il fut bien sur tenté de prendre une torpille mais il était couvert de dettes et il n'avait plus les moyens de se payer une plaque (le papier n'existant pas, les tickets sont sous forme de plaque de métal) et ni le courage de se forcer une place. Il ne restait donc comme solution que la voie des eaux mais Schmu avait horreur de ça et dans la panique qui l'entourait, il était perturbé et ne savait que choisir.

Contrairement aux autres métavénuriens, Schmu avait une conscience propre, il pouvait décider de ses actes et choisir son destin, ce que les autres ne comprenaient pas chez lui car ils avaient une conscience collective se communiquant par télépathie, chacun avait une place bien précise au sein de la société et personne ne rechignait, ce qui maintenait l'ordre au sein de la cité. C’était pour cela que l’entourage proche de Schmu le percevait comme quelqu'un d'étrange. Schmu, bien entendu, avait envi comme tous les autres de partir pour ce récif promis mais sur le moment la seule chose qui lui vient à l’esprit, fut d'aller aux toilettes, poser un plomb (faire caca vulgairement). Ce qu'il fit machinalement et pour une fois, c’est lui qui utilisa les toilettes qu'il avait l'habitude de nettoyer pour les aristocrates, il en choisit un, s'y enferma (un minimum d'intimité).

 En faisant ses besoins, il  réfléchit à la décision qu'il allait prendre. Rien de tel pour réfléchir. Il se décida. Il était résolu à se lancer dans les flots. Il se leva alors et ouvrit la porte, non en fait il ne l'ouvrit pas car il n'y arriva pas. Il était bel et bien coincé dans les toilettes. Chose extrêmement rare car il astiquait les toilettes tous les jours, vérifiant justement les portes pour être certain que ça n'arrive pas, ce qui lui aurait valu la peine de mort et ce qui allait peut être lui coûter la vie maintenant.

 Il se souvint alors, que pour se venger d'un aristocrate qui l'avait maltraité, il avait volontairement oublié de graisser la porte dans un excès de folie, le jour même. Il faut savoir que chaque toilette à son propriétaire et que Schmu ne pouvait pas se tromper pour son piège et là, celui ci se retournait contre lui. Il était impossible de bouger les murs ni la porte car ils étaient faits dans un métal très résistant. Il était pris au piège de son propre traquenard ! Toutefois ces toilettes étaient spacieux et il avait de quoi tenir pendant plusieurs jours avec ses résidus de Salunium qu'il digérerait, en espérant que d'ici là quelqu'un, si il y a encore quelqu'un, le trouve dans son funeste toilette. 

 Pendant ce temps, dans la nouvelle colonie, les métavénuriens de toute classe se tuaient à la tache pour extraire le précieux minerai. Plusieurs jours durant, les métavénuriens, déployant une telle énergie certainement décuplée par le nombre inimaginable de creuseurs qui travaillaient volontairement pour la communauté, sortirent une quantité incroyable de Salunium. Celle-ci semblait suffisante pour nourrir tous ceux présents dans la nouvelle colonie et de ce fait, les métavénuriens commençaient à imaginer un avenir grandiose à cette nouvelle colonie qui avait unifié toute la population de Pinpon. Malgré cela, les métavénuriens commirent un crime irréparable. Leur avidité les poussa à continuer à creuser mais sans prendre de précautions sur la manière à travailler les parois pour extraire le minerai. Il n’y avait plus d’organisation et de personnels assez nombreux pour encadrer tous ces mineurs et pour leur expliquer le danger de mal creuser un filon.

 Ce fut là, leur plus grande erreur. Ils avaient creusé trop profondément dans le récif sans faire attention à la structure du tunnel. Le tunnel n’était pas assez large, beaucoup trop étroit et il semblait très fragile. Le sol commença à s'ébranler sous les pieds palmés des mineurs. Les mineurs avaient oublié de prendre en considération les séismes quotidiens et avaient dépassé l’heure d'arrêt habituel des travaux dans leur acharnement à creuser. Tous les beaux rêves que les métavénuriens s'étaient fondés, s'effondrèrent aussi vite qu’ils les avaient bâti. En quelques secondes, la mine commença à s'effondrer sous les ondes de choc répétées par les séismes venant du centre de Pinpon. Mais, ce ne fut pas la cause de leur mort. Un jet de gaz sortit des profondeurs du monde, tel une colonne de plusieurs kilomètres de diamètre tout prêt du récif. Ceux qui avaient survécus aux séismes, moururent  tous sans exception par ce second cataclysme. Leur mort fut douce et  sans souffrance, à peine s'ils eurent le temps de comprendre ce qui se passait. Le jet fut si inattendu, si rapide que l'euphorie générale se transforma en étrange hécatombe de sourires figés à jamais dans les yeux de ceux qui vécurent et moururent à cet instant, c'est à dire toute la population.

 Oui, tous sauf un, le pauvre et malheureux Schmu. Il n’apprit jamais véritablement ce qui c’était passé. Il était en train de survivre et pourrir dans "son toilette" à se morfondre sur son propre sort quand il entendit un énorme vacarme, dont le bruit se rapprochait de lui comme une onde, son réflexe fut de se cacher derrière son trône. Il fut alors ébranlé par l'onde venue de l'explosion du gaz provenant de la colonie. Tout s'effondrait autour de lui et il crut plusieurs fois qu'il allait mourir,  pas de la même façon qu'il avait imaginé quelques minutes auparavant. Dans cette situation inconfortable, il percevait la mort comme une libération mais son heure n'était pas encore venue.

 Le destin en avait choisi ainsi, il devait être le dernier de sa race. C’est son trône qui le sauva, comble du comble, lui qui détestait ces toilettes, il leur devait la vie. En effet, le plafond s’effondrait, de nombreux débris tombaient qui auraient du lui coûter la vie s'il n’avait trouvé refuge derrière le trône et plus précisément sous la cuvette en métal lui servant de toit.

Une fois les secousses terminées,  Schmu réussit à  sortir de sous les débris, remerciant Posenim de l'avoir sauver (Posenim est le dieu que vénère en majeure partie les métavénuriens, il s’agit du dieu de l'étendue liquide) puis s'aventura dans ce qui restait de son ancien lieu de travail. L'état des lieux était lamentable mais heureusement la protection qui isolait l’air de l’eau ne semblait pas détruite, à peine fissurée. Il se demanda alors ce qui avait pu arriver pour produire un tel résultat et il s'interrogea sur ce qu’il était advenu des autres. Etait il le dernier métavénurien vivant ? le dernier volvodul ?

Dans un premier temps, il se lamenta sur son sort. Durant plusieurs jours, il attendit des nouvelles de l'extérieur, en vain. Il vivait avec ce qu’il trouvait comme Salanium oublié dans la précipitation générale. Puis il se décida à tenter une excursion plus approfondie de la mine. Il monta aux étages auxquels il n'avait pas accès auparavant du fait de son grade. Il découvrit beaucoup de choses, visita beaucoup de bureaux mais toujours aucune trace d’autres survivants.

Un jour, il arriva, non sans mal du fait de la dégradation des lieux, aux laboratoires des scientifiques.  Là, il apprit ce qui c’était passé. Les capteurs en surface avaient enregistré le phénomène. Il vit les accidents de torpilles, les prédateurs des fonds marins faisant un massacre, la colonne de gaz répandant la mort. C’était un spectacle horrible qu’il vit par bribes, les enregistrements ayant été quelque peu altérés.

Schmu fut touché par la mort de son peuple. Il fit un long deuil de plusieurs jours en mémoire de tous ceux qui étaient morts. Toutefois,  étrangement, il n'avait pas réellement de peine, il n’avait jamais vraiment aimé son univers quotidien et les gens qu’ils voyaient tous les jours. Par contre, il avait de la compassion pour ceux qui avaient travaillé dans les mines à la sueur de leur front.

 Au premier abord, lorsqu’il avait découvert les laboratoires, ce qui lui avait paru étrange, c’était l'état de conservation des laboratoires. En effet,  ils étaient pratiquement intacts, en comparaison avec le reste de l’étage. Certainement avaient ils été conçus pour résister à des secousses très importantes.

Ayant côtoyé les toilettes des aristocrates et autres scientifiques quotidiennement, il avait entendu plusieurs personnes parler de théories, d'inventions, choses qui l'intéressaient grandement et qu'il avait donc retenu avec facilité. Il avait rêvé de toutes ces choses qu'il entendait, de ces projets astronomiques, des tentatives de voyage dans l'espace. En fait, il avait toujours eu l’espoir d'accéder à ces fameux laboratoires. La catastrophe lui avait permis d’y parvenir. Il était là où il avait souhaité se trouver, et étrangement ces laboratoires lui étaient familiers comme s'il y avait toujours travaillé. L’utilisation des différents appareils se faisait avec aisance alors qu’il ne les avait jamais vu auparavant. Des années et des années à trimer dans les toilettes des scientifiques lui étaient finalement profitables.

La première chose qu’il fit, fut de  rechercher l’éventuelle présence d'autres métavénuriens  qui auraient survécu au cataclysme qu'il avait nommé « la Grande Impacte ». Après plusieurs mois d'attente, l'ordinateur central l'informa qu'il n'y avait pas d'autres survivants. Il était seul au monde, seul face à ce monde si hostile qu'il ne connaissait pas vraiment mis à part ce qu'il en avait vu dans l'ordinateur.

 Après avoir bien réfléchi, il se résolut à quitter cette planète qui n'avait plus aucun attrait dans son âme. Il avait remarqué la présence de prototypes dans un hangar, des vaisseaux qui devaient être lancés dans l'espace par l'intermédiaire des propulseurs à torpilles. Le risque d’utiliser l’un de ces prototypes était grand, ils n’avaient jamais volé. La probabilité de réussir était mince, en partant du principe que les vaisseaux volaient. C’est pour cela qu’il voulut mettre toutes les chances de son coté et s'investit à fond dans ce qu'il entreprenait de faire.

Il commença par déboucher la sortie du propulseur le mieux conservé, pour cela il se jeta à l’eau, il eut peur des prédateurs sous-marins mais il n’en vit pas. Puis, il se pencha sur les différents plans des vaisseaux et en choisit un finalement, celui, selon ses calculs, qui serait  le plus apte à s’envoler. Il se permit même après plusieurs mois d'étude du vaisseau à des modifications. Le jour de son départ arriva et il commença à meubler son vaisseau, sa future demeure pendant son voyage à destination inconnue.

Schmu avait décidé d’explorer l’espace sans réelle destination, c’était surtout sa soif de découvertes, d’explorations, d’aventures qui le motivait. Il était fin prêt, il avait réuni des provisions de Salunium pour tenir plusieurs années selon ses estimations. Il avait pris diverses choses qui pourraient lui être utiles. Il avait analysé le plan de vol et la manière de piloter le vaisseau. Il était décidé et résolu à visiter l'univers tout entier du moins pour le temps qui lui était encore imparti (entre nous, plus de 150ans !).

Avant de prendre son envol, Schmu prit une ultime décision : il grava sur les parois du laboratoire ainsi que dans les données de l'ordinateur ce qui c’était passé sur sa planète et ce qu'il entreprenait. Il l’inscrivit dans son langage et en langage binaire, en prévision de la venue d’éventuels visiteurs. Alors aux commandes de son vaisseau, il réunit tout le courage qui lui restait et alluma les moteurs, non sans mal, ni sans nostalgie. Il se rappelait les quelques soixante dix années qu'il avait passé sur sa planète natale. Il ne regrettait pas ce qu'il était entrain de faire, c’était son choix, il avait eu le temps d’y réfléchir ou peut être était ce son destin qu'il acceptait ? 

Alors comme un oiseau dans le ciel, Schmu abord de son vaisseau, dernier de sa race des métavénuriens de Kinopokyasamupinpon, s'en alla perçant les cieux, quittant à jamais cette planète pour un voyage fabuleux dans l'univers, mais ceci est une autre histoire ...
Morale de cette histoire : avant de remonter votre froc, n'oubliez pas de bien vous torcher.
 

Fin du premier acte.

 

Kaalook
 


 
 
le 04-02-2009 01:28

La fin justifie les moyens !

 photo1238390 Seul au monde

Un petit intermède, une petite histoire que j'ai improvisé un soir de pleine lune et que j'ai envoyé à d'innocentes victimes comme mes amis, c'est ton tour !

 

C’est l'histoire d'un petit garçon, né sans connaître ses parents ni ses frères, tous morts pour on ne savait quelle raison, du moins lui même ne l'avait jamais su, ou ne voulait plus s'en souvenir. Bref ce petit garçon vivait dans une grande maison, une immense maison, aussi énorme que Versailles. Mais pour un si petit garçon cette maison était trop grande mais surtout trop vide.

De plus celle ci était isolée, il n'y avait pas de route qui y menait, personne n’était jamais venu voir cette demeure. Seul un petit ruisseau passé à coté de la maison, et c’était là que le petit garçon puisait l'eau vitale qu’il buvait. Il n'y avait jamais vu un animal venir s'y abreuver, d'ailleurs il n'avait jamais vu d'animaux.

 Pourtant sa maison était entourée d'un immense parc mais celui ci était à l'abandon, jamais un animal ne s'y aventurait. De plus jamais un insecte ni venait, pas de moustiques l'été, pas de mouches, ni de colonnes de fourmis traversant les pelouses devenues herbes folles, ni d'abeilles venant butiner les fleurs. D'ailleurs il n'y avait pas de fleurs, juste des herbes folles et des buissons secs.

Il n'y avait jamais un courant d'air, le ciel était comme statique, les nuages ne semblaient jamais avoir bougé d'un jour à l'autre, seul le soleil continuait sa route interminable en alternance avec la lune. Qu’il fasse nuit ou jour, jamais il ne faisait trop chaud ni trop froid, ni trop sec ni trop humide. Il ne pleuvait jamais mais pourtant le ruisseau coulait toujours de manière régulière, imperturbable par mis la végétation délabrée.

 Il n'y avait guère d'activités d'extérieur à faire donc, rien à observer, ou à contempler, on ne pouvait s'émerveiller devant quelque chose de vivant , seul persistait le bruit du fouet des herbes sur les jambes de l’enfant lorsque le petit allait à la grange. Il s'y rendait d'ailleurs toujours car c’était ici qu’étaient entreposés les céréales, une quantité incalculable de céréales, la seule source de nourriture de cette propriété.

 En ce qui concerne les activités intérieures, elles étaient nombreuses à l'origine, lorsque le petit garçon encore plus petit se baladait dans les couloirs immenses de cette grande maison. Mais gambader dans les couloirs de cette maison était vite devenu lassant au fil des années, il avait vite fait l'inventaire des choses exposées dans la maison, quelques meubles, quelques tapis, rien de vraiment exceptionnel. On aurait pu s'attendre à une décoration à la hauteur des dimensions gigantesques de la maison mais il n'en était rien, la décoration était simple et fonctionnelle. Etrangement la poussière ne s'y accumulait pas, comme si le temps était en arrêt dans certaines pièces. Mais le petit garçon lui était bien en mouvement, certes des mouvements répétés mais bien en vie.

 En effet la seule activité qui occupait ses journées était son alimentation. Lorsqu’il avait faim, le petit garçon, qu’il fasse nuit ou jour, allait à la grange remplir un récipient de céréales, puis il s'en allait dans la cuisine. Toujours dans le même placard était rangé le bol qu’il utilisait, il le prenait, ensuite il allait dans un petit tiroir cherchait une cuillère, la même tous les jours puis il se rendait dans la salle à manger. Toujours les mêmes gestes, toujours les mêmes bruits, celui du placard qui grince lorsqu’on l’ouvre, celui du mécanisme du tiroir qui couine, les pas qui raisonnent dans les couloirs menant à la salle à manger ainsi que celui de la cuillère qui entrechoque le bol, et celui de la lassitude d'un petit garçon qui pose lourdement sur la table tout ce qu’il transporte. Comme d'habitude, il prenait un siège à la grande table de la monumentale salle à manger, et toujours au même siège il s'asseyait. Là, dans une semi obscurité, depuis longtemps déjà il ne prenait plus la peine d'ouvrir et de fermer les grands volets qui clôturaient les grandes portes fenêtres vitrées, seulement une sur 12 était ouverte, il mangeait. Comme à l'accoutumé, il remplissait son bol de céréales, reposait le récipient, puis attrapait sa cuillère de sa main gauche, la plongeait dan le bol rempli de céréales sèches, sans lait, ni rajouts, juste des céréales brutes, et avec se remplissait la bouche. Il mâchait longtemps non pas pour occuper son temps, mais plutôt parce que les céréales étaient dures et difficiles à croquer. Une fois le bol terminé, il ramenait tout le nécessaire à la cuisine, faisait la vaisselle à l’eau depuis longtemps il n’y avait plus de savon ni d’éponges.

Enfin il allait s'asseoir sur les marches de l'entrée comme toujours. Peut être espérait il que l'immense portail, insurmontable, tel un véritable rempart, enfin un jour, ouvrirait ses portes pour laisser rentrer quelqu'un ou au moins laisser entrevoir ce qu’il y avait derrière ces murs. Peut être aussi pour pouvoir sortir de cette propriété que le garçon connaissait déjà tellement bien.

 Les années passaient et se ressemblaient toutes. Le petit garçon avait perdu le fil du temps depuis longtemps, avait il vraiment su quel jour il était une seule fois dans sa vie ? Le cycle du soleil et de la lune se répétait sans cesse, tout comme le cycle quotidien du petit garçon. Il ne se rappelait pas avoir déjà rigolé ou même sourit, ni avoir ressenti la joie ou le bonheur à un moment de son existence. Son visage n’exprimait rien, ni joie ni haine, ni colère ni peine, toutes les émotions lui étaient inconnues. Il se fiait uniquement à ses sens, il en avait cinq, mais cela faisait un moment qu’il n’en utilisait plus certains. Le goût, la seule chose à se mettre dans le gosier, c’était les céréales et cela faisait une éternité qu’il n’en avait plus la saveur. L’odorat, rien à sentir, pas de fleurs à renifler et les céréales n’avaient aucune odeur. Le touché, oh il se servait quotidiennement de ses mains mais elles étaient devenues qu’un vulgaire outil qu’il utilisait pour manger ses céréales et notamment pour tenir sa cuillère. L’ouïe, mis à part les bruits qui animaient ses repas, il n’y avait rien de nouveau pour activer sa curiosité auditive. La vue, bien sur il l’utilisait, pour voir et revoir les mêmes choses, quotidiennement et particulièrement le portail qu’il attendait tous les jours de voir s’ouvrir. Non, aucune chose n’égayait ses journées, il avait déjà tout essayé, tout testé, tout vu, tout lu, tout fait.

  Il y avait une seule chose que le petit garçon n'avait jamais faite, oh il y avait déjà pensé à maintes et maintes reprises mais il ne s'y était jamais résigné. Un jour, il décida pourtant de la faire.

 Il se dirigea alors d'un pas décidé vers une chambre, celle qu’il présumait avoir été celle de ses parents. Il y rentra, se dirigea vers la commode proche du lit et y ouvrit le premier tiroir. Il en sortit un magnifique magnum six coups, qui brillait de mille feux dans la pénombre ambiante de la pièce. Dans le chargeur, il le savait très bien, il n'y avait qu'une seule balle. Autrefois le chargeur était plein. Concernant les cinq autres balles, il ne savait pas où elles se trouvaient mais il avait longtemps pensé à l'endroit ou à la chose à laquelle elles avaient pu servir. Dans la famille, ils étaient six.

 Ce fut à ce moment là que le petit garçon prit le pistolet, l’arma, plaça le bout du canon au niveau du front et s'éclata le crâne. La détonation raisonna dans toute la gigantesque maison, comme pour marquer cet événement dans les stries et les fissures des murs de la maison. Le petit corps inanimé tomba enfin par terre, peu de temps après le magnum, et  pour la première fois, le petit garçon put fermer les yeux. Pour la première fois, il eut le sourire aux lèvres et la larme à l'oeil. Depuis longtemps, ce visage n’avait pas exprimé le bonheur et la joie par un si beau sourire. Enfin il quittait cette résidence, cette demeure dans laquelle il semblait être enfermé pour l’éternité pour un ailleurs, peut être meilleur.

 Morale de cette histoire : Croyez vous que les histoires doivent toutes finir par un happy end ? La mort peut être aussi un bon dénouement.
 


Commentaires

 

1. aelya  le 04-02-2009 à 03:44:57  (site)

BRAVO j'ai adoré te lire bon style grande imagination on voit bien que tu connais cet univers
Bonne continuaion n'oublies pas de revenir nous raconter d'autres histoires.

2. kaalook  le 04-02-2009 à 12:05:51  (site)

Merci Aelya !
ça me fait plaisir d'avoir un commentaire ! qui plus est positif !
Je continuerai à publier des histoires ! plus ou moins réussies et dans des univers parfois différents.

édité le 04-02-2009 à 12:13:22

 
 
 
le 30-01-2009 23:49

Les morts se léveront pour le lire !

Un premier coup de coeur

 

 

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Titre : Walking Dead

Auteur : Kirkman, Moore, Adlard.

Editeur : Delcourt 

Date de parution : Janvier 2009 (pour le tome 7) 

Prix : 12,90 euros 

Type : BD - Comic

Genre : Survival Horror - Psychose de groupe.

Nombre de volumes : 7 (série en cours)

 

Résumé : C'est l'histoire de Rick, un flic qui vit aux USA avec sa femme et son fils. Un jour, lors d'une altercation durant son service, Rick est blessé et tombe dans le coma. Lorsqu'il se réveille bien plus tard, l'hopital, ainsi que sa ville (les USA, le monde, qui sait ...) sont infestés de zombies. Rick n'a qu'un objectif retrouvait sa famille ...

 

Commentaire : Ce qui m'a seduit au delà du scenario simpliste (des zombies partout), c'est le travail effectué sur le comportement humain. Bien plus qu'un survival, Walking dead s'interesse aux réactions de l'homme face à l'adversité dans un contexte extreme. Les zombies ne sont qu'un fait de départ, ils sont là, il faut vivre (survivre) avec, l'auteur du comic se concentre sur un groupe de survivants, comme pour une étude sociologique, on plonge dans le quotidien de ces hommes, femmes et enfants qui n'essayent pas de comprendre le pourquoi du comment mais qui tentent de se serrer les coudes pour vivre et s'adapter à la situation. Certains ont les nerfs solides, d'autres moins. On s'attache très vite à Rick et aux autres personnages, tous très fouillés et on aimerait les voir survivre (plus longtemps) ! De l'aventure, de l'amitié, de l'amour, de la trahison, de la psychose, de l'horreur (ça reste très sanglant), le tout dans une ambiance noir et blanc et avec des dessins de bonne qualité, que du bon !

Il n'y  a que sept volumes de Walking dead sortis pour le moment, vivement la suite, j'ai hate !

 

Kaalook

 


Commentaires

 

1. poemes  le 31-01-2009 à 00:15:13  (site)

je te souhaite de passer une bonne soiree et une bonne nuit
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2. kaalook  le 01-02-2009 à 00:25:07  (site)

Merki ! Bonne soirée et nuit à toi aussi !

 
 
 
le 30-01-2009 18:15

La dernière fée

 photo1218203  La dernière fée 

 

 

Une première histoire, courte pour commencer, l'une de mes favorites. 

 

Ce matin, dans la forêt enneigée de Boisricard, une fée a vu le jour. Depuis si longtemps, elle dormait d’un sommeil profond. Ses rêves ne parlaient que de la joie et du plaisir de vivre et de voler entre les arbres. Ce matin là, sa rose noire ouvrit ses pétales et la petite fée s’éveilla au monde qui l’entoure. Certes, ses rêves lui en avaient donné un avant goût, mais rien de comparable avec ce qu’elle voyait de ses propres yeux. C’était l’hiver, ses petits membres étaient engourdis, non pas par le froid, mais par la position fœtale que lui avait imposé son trop long sommeil. Elle étira, ses petits membres nus, un à un, en commençant par les jambes et en finissant par les bras. Une fois debout, elle vérifia que ses ailes aux allures de celles des libellules fonctionnaient correctement, et sans plus attendre, elle prit son élan d’un pétale de la rose et s’envola. Au début, son vol était maladroit, mais rapidement il devint gracieux. Elle commença par faire le tour d’un arbre, elle découvrit ainsi Chêne 1255, auquel elle donna son salut, il lui répondit de sa voix forte et monocorde. Elle s’intéressa ensuite au parterre de neige qui jonchait le sol de la forêt. Elle avançait si vite qu’elle laissait des traînées dans la neige après son passage. Elle rencontra Lapin blanc 273, qui prit peur à son arrivée mais qui par curiosité osa lui adressait la parole. Toutes ces découvertes étaient merveilleuses et incroyables pour la fée, et de ce fait, elle voulait toujours faire, voir, rencontrer de nouvelles choses. Elle voleta au milieu de moineaux, elle rencontra les marmottes bien au chaud dans leur tanière, elle vit des lucioles qui comme elle, brillaient dans la nuit, elle s’arrêta devant un ours qui se grattait à un arbre. Elle fut surprise et horrifiait devant le spectacle qu’offrait une meute de loups pourchassant un cerf dont la fin était certaine. Cela lui fit comprendre que ce monde tout nouveau, n’était pas fait que de belles choses. C’est pour cela, que la petite fée décida de retourner dans un lieu plus sur, c'est-à-dire à l’abri dans sa rose noire, cette nouvelle expérience du monde extérieur lui avait déjà apporté beaucoup. Un petit sommeil de quatre ou cinq mille ans ne lui ferait que le plus grand bien. A son prochain réveil, elle aurait oublié une partie de sa dernière sortit comme la dernière fois, il y a deux mille ans. C’est ainsi que va le cycle des fées. Une chose toutefois l’avait attristé elle n’avait pas rencontré d’autres fées, elle aurait tant aimé, faire des rondes comme autrefois. Elle n’avait d’ailleurs pas vu d’autres roses noires. Sur le chemin du retour, elle entraperçut une voie dégagée en plein milieu de la forêt, nul arbre au milieu, la neige ne semblant pas adhérer à son contact, la voie filée toute droite. La fée se décida à la prendre, la nuit était tombée, et pour la première fois, elle vit le ciel et observa la lune, belle et majestueuse, ronde et blanche, envoyant ses doux rayons lunaires. Mais la lune ne souhaita pas saluer la fée, ni même lui accordait un sourire, la lune se mit même à pleurer des flocons de neige. Toute vie dans la forêt se tut, lorsque en face de la fée sur la voie, deux cercles jaunes lumineux firent leur apparition. La fée, curieuse de ce phénomène, alla à sa rencontre. Les deux cercles semblaient faire de même. A une distance raisonnable, la fée s’arrêta pour attendre la venue de ces faux frères de la lune mais eux ne firent pas de même. La fée frappa de plein fouet la façade d’un camion qui d’un coup d’essuie glace, la balaya  comme un vulgaire insecte, et elle s’écrasa définitivement sur le bas coté. C’est ainsi que la dernière fée s’est éteinte, en deuil, la lune pleura des flocons toute la nuit.    

 

Kaalook

 


 
 
le 30-01-2009 17:08

Message à caractère informatif !

Salut à vous, nobles lecteurs !

Vous voici sur mon blog et j'en suis heureux,

Je vous propose de partager un peu de mon univers,

à travers mes lectures,

mais aussi mes tirades "livriques",

ou encore mes histoires.

J'espère que vous apprécierez,

un peu, beaucoup, passionnément, pas du tout ?

Ce sera à vous de me l'écrire !

Je compte sur vous pour prendre la plume !

Bon Surf ! Bonne lecture !

 

Kaalook

 


Commentaires

 

1. choupy94  le 30-01-2009 à 17:49:02  (site)

bienvenu parmi nous
amicalement
annie

2. kaalook  le 01-02-2009 à 00:24:27  (site)

Merki !

 
 
 
 

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